Interview de Maxime Cargol auteur de 2184 Generation War

Interview de Maxime Cargol auteur de 2184 Generation War

Salut les Castards !

Maxime Cargol est auteur indépendant de jeux, il a créé, entre autre 2184 Generation War, un jeu d’escarmouche qu’il a l’air vachement bien, je reviendrais surement vers vous à ce sujet d’ici peu !

Gwenale, un de mes fidèles compagnons s’est proposé pour l’interviewer afin qu’il puisse nous expliquer comment il crée et édite ses jeux de manière autonome ! Aussi bien au niveau pratico-pratique que toute la partie créative et imaginative !

Si vous voulez acheter un des jeux de Maxime, voici un lien vers ses créations sur Amazon : Les jeux de Maxime Cargol

Présentations

Reporter Francis Team : Bonjour Max, tout d’abord et très classiquement voudrais tu bien te présenter ?

Maxime Cargol : Bonjour, et merci de me faire l’honneur de cet interview. Marié, deux enfants, 41 ans et passionné de jeux depuis de très nombreuses années. Je navigue beaucoup entre le jeu de figurines et le jeu de société (j’ai d’ailleurs été rédacteur pour le défunt site de jeu petit peuple). Pour le sujet qui nous intéresse, à savoir le jeu de figurines, j’ai fait mes premières armes avec Warhammer Battle (Chaos puis orcs et nains) et Blood bowl première édition (avec des figurines en cartons à l’époque) avant de me passionner pour Blood Bowl 2nd édition ( Mon équipe de gobelins fit un malheur lors de mes années fac) et Nécromunda (1ère édition, je jouais les Delaque).

J’ai aussi pour passion la peinture sur figurines, tous les jeux de ma ludothèque (même les jeux de société) sont peints, et je mets un point d’honneur à ne pas jouer à mes jeux tant qu’ils ne sont pas peints…

RFT : Parles nous à présent de Fatmax Edition. Comment franchi t on le cap et décide-t-on de créer son propre jeu ? Encore plus rare, quand as-tu décidé d’éditer ces jeux ?

MC : Comme je disais plus haut, j’ai été vraiment amoureux de Necromunda 1er edition. En 2016 j’ai voulu m’y remettre mais la lourdeur des règles m’en a dissuadé. J’ai créé pas mal de protos de jeux de société aussi, alors l’idée m’est naturellement venu de faire mon propre jeu. Je ne sais pas si c’est l’âge (lol) mais d’emblée j’avais deux objectifs : que le jeu soit simple à appréhender et qu’il soit facilement jouable à plus de deux. Par la suite j’ai ajouté d’autres spécificités ( PNJ par exemple). Ainsi est né 2184 Generation War première édition qui a connu un franc succès (pour un jeu auto-édité)

 

RFT : On peut facilement imaginer que cette envie de créer tes propres jeux vient d’un manque ou d’une insatisfaction de ta part. Parmi la multitude de règles existante tu n’as pas trouvé chaussure à ton pied ?

MC : C’est exactement cela, comme je disais, Nécromunda en tête que je trouve trop riche. Infinity trop complexe. Je comprends qu’on aime, mon problème est que je joue à beaucoup de choses différentes, ces jeux demandent un gros investissement intellectuel et de jouer régulièrement pour garder les règles en tête et s’y amuser convenablement. Ces jeux sont bons, mais je ne me reconnais pas dedans et ils ne correspondent pas à ma façon de consommer le jeu de figurine.

 

RFT : A l’inverse comment évites tu de « plagier » une mécanique existante ? Quand un système est classique, éprouvé et efficace on doit souvent être tenté de s’en inspirer

MC : Il est certain que tout nouveau jeu de figurines ne réinvente pas le style.  Néanmoins, pratiquant assidument le jeu de société plus traditionnel, il est fort probable que cela m’a permis d’avoir une vision étendue des mécaniques possibles. De plus fluidifier les jeux au maximum oblige à réfléchir autrement que ce que le marché propose actuellement.

RFT :  Une fois que l’idée est là, la mécanique pensée et l’univers bien dégrossis j’imagine qu’il y a une énorme partie de tests et d’ajustements avant de préparer le produit fini. Comment ce passe cette étape cruciale dans le développement ?

MC : J’ai une bande de pote qui joue beaucoup avec moi. J’embrigade aussi mon aîné de 10 ans. On joue beaucoup, on ajuste ce qui ne va pas ou pas assez bien. Pour avoir créer pas mal de protos quand un système est bon, une grosse partie roule de suite après c’est de l’ajustement. Je passe énormément de temps à penser à tout avant de faire la première partie, je démarre mes tests avec un système de jeu plutôt complet et après j’ajuste. Je ne pars pas d’une simple idée. Cette façon de créer en deux temps me plaît et représente une bonne gymnastique intellectuelle. Et quand ce n’est pas bon, on le voit de suite et on jette sa copie.

 

RFT : Ca y est, le concept est finalisé, le jeu testé et corrigé le cas échéant. Que ce passe t il ensuite ? Tu fais la mise en page seul ? La relecture, le formatage les illustrations… c’est un boulot titanesque, comment tu gères tout cela ?

MC : Là nous parlons de 2184 Generation War 2.0, j’ai tout fait tout seul et pris des illustrations sur internet libre de droit, la couverture je l’ai retravaillé moi-même avec un logiciel. Les figurines, les décors, tout ça, c’est bien sûr moi qui l’ai fait. Ce volet, je l’ai fait de A à Z. Pour la première edition de 2016 j’avais fait appel à un illustrateur.

RFT : J’ai été surpris en cherchant un peu de voir que tu vendais tes livres de règles en format papier broché. Bien que je sois moi-même un amoureux de l’objet livre on peut raisonnablement se dire que pour une petite boîte qui se lance le choix du format numérique semble bien plus simple et moins couteux. Pourquoi as-tu franchi le cap du papier ? 

MC : Je me fais vieux, j’aime le papier. Et Amazon me permet de le faire sans vraiment de risque financier. De plus, en jeu, je pense que ça reste quand même plus pratique de feuilleter un livre que de passer les pages sur sa tablette, ou pire son téléphone.

 

RFT : Histoire de rester très terre à terre… est ce que l’édition de règles de jeux est ton activité principale ? On peut toujours en vivre sans gamme de figurine associée ?

MC : On n’en vit clairement pas, et ce n’est pas mon but. Je gagne très peu grâce à cette activité. Je garde mon métier principal et je travaille sur mes jeux lors de mes temps libres. 

RFT : Tu connais sans doute Le Studio Tomahawk qui a fait ce choix de vendre des règles en laissant la liberté aux joueurs de choisir parmi les nombreuses gammes et échelles disponibles. Est-ce pour toi indispensable pour une entreprise débutante ? As-tu songé tisser un partenariat avec des sculpteurs ou des firmes de miniatures ?  

MC : Vu ce que je gagne c’est obligé. Je ne peux pas investir pour cela. Mais au-delà de cela, cela correspond bien à ma philosophie. Je veux que mes jeux puissent être joués avec n’importe quelles figurines. Ça permet de recycler ses vieilles figurines, ou pour celui qui n’en a pas d’acheter à bas prix quelques figurines sur ebay ou autre. De plus cela me permet de m’interdire aucun thème, chose plus difficile lorsqu’on a une gamme de figurines à produire en plus.

Créativité

RFT : Quittons ces considérations cartésiennes et allons vers ce qui nous intéresse le plus : ton univers. Ou devrais-je dire tes univers. En effet tu cibles des périodes et des styles de jeux très différents. Tu cherches le filon que tu poursuivras après ou bien, comme beaucoup de joueurs, tu t’intéresses à plusieurs mécaniques différentes ?

MC : Je créée les jeux auxquels j’ai envie de jouer. J’adore les escarmouches de science-fiction j’ai créé 2184 Generation War. J’adore le combats Napoléoniens mais je voulais juste faire des escarmouches, j’ai créé Les Voltigeurs. J’avais envie d’un jeu coop/solo , je travaille sur un jeu futuriste qui s’appellera invasion X. Et j’ai plein d ‘autres envie ! Empire romain, medfan et autre. Je ne gagne vraiment pas beaucoup avec mes livres, alors il faut que cela reste du plaisir d’un bout à l’autre. Le but est de faire des jeux qui m’amusent.

 

RFT : Du futuriste, du napoléonien, de la course de voiture… quelle diversité. Par contre on peut voir que le dénominateur commun reste le format escarmouche ou peu de figurines. Les jeux à grandes échelles sont trop compliqués à mettre en œuvre ou bien est-ce par affection personnelle ?

MC : Un peu des deux. Compliqué parce que c’est un loisir qui revient très cher dans des grands formats. Par goût personnel car je trouve que les jeux d’escarmouche offrent une grande modularité, plus difficile à obtenir sur de grandes batailles.

RFT : La seconde version de 2184 Génération War est sortie. Pourquoi cette v 2.0 et, je me dois de demander pourquoi n’es tu plus que le seul auteur crédité ? 

MC : J’ai toujours été le seul auteur, l’illustrateur était aussi nommé au même titre dans la V1 car c’est un gars formidable. Et cette V2 je l’ai faite suite à la création de « Les Voltigeurs » car le système de règles que j’ai créée pour ce jeu m’a tellement plus que je l’ai transposé à 2184 Generation War. 2184 Generation  War 2.0 est du coup très très différent de la V1.

 

RFT : Ton jeu fera l’objet d’une vidéo sur la chaine de Francis prochainement mais peux-tu nous en parler un peu quand même ? Qu’est-ce qui différencie 2184 GW des autres jeux d’escarmouches futuristes ?

MC : Il faut vraiment y jouer pour ressentir les différences sur le papier ce n’est pas forcément évident de retranscrire cela. Néanmoins, je peux dire la grande fluidité des règles est l’atout majeur de 2184 GW 2.0. Après on y retrouve plein de choses un générateur de scénario très original, une grande facilité pour jouer à plus de 2. Les 7 clans du jeu sont assez génériques, bien que différents de l’un à l’autre, cela permet de vraiment se les approprier avec des figurines de notre choix et non imposées. Quelles figurines pour jouer les rebelles ? La corporation ? Les anges de la mort ? etc.Plus classiquement mais à ma sauce, on retrouve de l’expérience, des blessures, des PNJ, etc.. 

RFT : Merci pour ces informations. Parlons d’avenir à présent. Quels sont tes projets et que nous prépares tu pour la suite ?

MC : Comme je disais plus, je travaille sur un jeu jouable en coop ou en solo, Invasion X. Je ne sais même pas si ça existe déjà en pur jeu de figurines…Pas à ma connaissance en tous les cas. Après j’ai plein d’idées…trop peut-être car je devrais y bosser à plein temps pour toutes les mettre en œuvre. Allez un scoop…je réfléchis à un jeu style Diablo en jeu de figurine…mais là ça ne va pas être pour tout de suite non plus. Mais j’ai plein d’idées pour ce jeu aussi dans ma boite crânienne.

Partager l'article

Laisser un commentaire